Les Fables de Starewitch

Le lion et le Moucheron
(France - 1932)

Le lion devenu vieux
(France - 1932)

Les grenouilles qui demandent un roi
(France - 1922)

Le rat de ville et le rat des champs
(France - 1926)

La cigale et la fourmi
(France - 1927)

Programme établi par Béatrice Martin Starewitch

Le lion devenu vieux (c) collection Martin Starewitch

 

Accompagnement Musical, Piano Solo
Improvisation sur des thèmes originaux

avec possibilité d'intégrer des musiciens locaux (élèves de conservatoires par exemple), pour l'accompagnement musical d'un des films, suite à une résidence sur place consacrée à l'improvisation dirigée

Visualiser quelques exemples de résidences passées

 

Ce Ciné Concert a été crée :
Cinéma Max Linder Panorama, le 6 février 2011 (Musique de Scène Piano Solo)
Sortie DVD, février 2014 (Composition Musicale pour Quintette)

L'adaptation de cinq fables de La Fontaine par Ladislas Starewitch
Lorsqu'il réalise sa première fable d'après La Fontaine en 1922, Ladislas Starewitch est un cinéaste de quarante ans, passé maître dans l'art de l'animation, et plus particulièrement dans la création et "la mise en vie" d'originales ciné-marionnettes. Mais la stupéfiante virtuosité (plus étonnante encore lorsque l'on sait la somme de travail que représente l'animation d'une seule scène à partir de personnages inanimés) n'est pourtant que l'une des facettes de son art, qui comporte également la totale maîtrise du langage cinématographique, dans son entier.
Son utilisation experte de l'échelle des plans (mise en valeur de l'orateur solitaire face à la foule de son public, au début des grenouilles), le soin apporté à la profondeur de champ et à la composition de l'image (scène de la rencontre des grenouilles avec le deuxième roi, d'une beauté saisissante), sa science du montage, qu'il veut toujours nerveux, et qui peut atteindre parfois une tension quasi-musicale, "à la russe" (voir l'incroyable prestation de l'orchestre dans la cigale), lui permettent toujours de conserver sa clarté à une narration d'un foisonnement oriental.
Il s'autorise en effet par rapport à La Fontaine, maintes digressions, (de la danse chaloupée des grenouilles avant un voyage en bateau au rat qui court après sa queue soudainement douée de vie), incorpore le flash-back (le lion devenu vieux), modernise la symbolique contenue dans les fables (mécanisation de la ville personnifiée par la voiture du rat de ville) ou encore incorporation des photographes et cinéastes, saisissante préfiguration des couvertures médiatiques actuelles (dans les grenouilles).
Cette imagination débridée jointe à la virtuosité joyeuse dont il fait preuve met au jour une pensée tour à tour profonde, drôle, légère, satirique ou tendre, fidèle en cela aux grands anciens dont il fait certainement parti. Le pari est gagné j'en suis sûr, de donner une adaptation nouvelle, "moderne" de ces histoires qui nous accompagnent inlassablement depuis les temps anciens, grâce aux mots et aussi aux images.

Jacques Cambra