Cinéma

Ciné Concert Piano solo - Seven Chances, Buster Keaton

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LE FILM AU PROGRAMME

Seven Chances (les fiancées en folie)
de et avec Buster Keaton

USA - 1925 - env. 66'

Keaton seven chancesSnitz Edwards - Buster Keaton - T. Roy Barnes

Le résumé du film : Nous sommes dans l'Amérique des années 1925 et notre héros, James Shannon (Buster Keaton) est amoureux, très amoureux même. Malheureusement pour lui, ses affaires financières ne vont pas bien. Et si le rêve américain explique que chacun peut s'enrichir même en partant de rien, la réalité est plus cruelle : en attendant que les poches soient pleines, pas question de mariage. Soudain, tout semble s'éclaircir en la personne d'un oncle récemment décédé et dont l'héritage s'élève à sept millions de dollars. Seulement, pour que Buster touche l'héritage, il faut qu'il soit marié… avant la fin de la journée…
Voilà un film que la virtuosité d'acteur et de réalisateur de Keaton emporte (et nous avec) vers les sommets du genre burlesque, et qui n'hésite devant aucune situation grinçante pour être férocement drôle.


LA MUSIQUE QUI VA AVEC :
Improvisation au piano solo par Jacques Cambra

Le résumé de la musique : « Vous savez ce que nous disions toujours, qu'il n'y a pas de film muet. La musique y comptait pour moitié ». Lilian Gish

Les termes « improvisation » et « piano solo », tout en se limitant à des indications d'ordre général, permettent quand même d'apporter une coloration assez précise et de distinguer l'accompagnement musical de chaque séance.
Par improvisation, on indique d'abord que cette séance sera unique, dans la mesure où la musique jouée pendant la projection du film ne prendra naissance qu'avec le générique de début et s'éteindra à tout jamais à l'apparition du carton « Fin » : autre séance du même film, autre musique, éphémère donc !
Par ailleurs, on associe souvent exclusivement musique improvisée et Jazz. Mais c'est oublier qu'il existe aussi une improvisation issue du monde classique, et qui s'appuie sur une tradition brillamment incarnée par des musiciens aussi géniaux que Bach, Mozart, Beethoven, Chopin, Liszt entre autres. C'est dans cette tradition que je souhaite résolument m'inscrire, en faisant résonner ses accents lors des différentes séances.
Et enfin, improvisation signifie que si la musique jaillit bien évidemment de la vision des images qui défilent sur l'écran, elle se nourrit également, en temps réel, des réactions (ou non-réactions) du public, qui devient ainsi un acteur à part entière de la Bande Son. Musique à la fois une et collective donc.

Quand au piano, en sa qualité d'instrument à la fois mélodique et harmonique permet au pianiste d'être « seul maître à bord » pour développer sa vision sonore du film. Mais cet état le contraint en même temps à une acuité sans faille pour mériter sa place de trait d'union temporaire entre film et spectateurs : Pianiste-médiateur, passionnant voyage !


QUELQUES MOTS SUR BUSTER KEATON

Keaton 2Buster Keaton

« [….] c'est en 1899 – je n'avais pas encore quatre ans – que je participai officiellement au numéro de music-hall de mes parents. [….]. Ne pouvant s’offrir de baby-sitter, ma mère m'installait dans le tiroir d'une malle-cabine pendant qu'elle était en scène avec Pop. Selon celui-ci, dès que je fus capable de ramper, je me dirigeai obstinément vers les feux de la rampe ». Buster Keaton.

«  Et quand Buster a su marcher, expliquait-il fièrement à tous ceux qui voulaient l'entendre ou non*, impossible de le retenir. Il cabriolait dans les coulisses, se jetait dans les jambes de tout le monde et faisait un boucan infernal. Il nous a finalement semblé plus commode de le prendre avec nous sur la scène, où nous pouvions le surveiller ». *Joe Keaton dit « Pop », son père.

A travers ces deux citations, on perçoit immédiatement quelle fut la formation « haut de gamme » reçue dès le sortir du berceau par Keaton, en ce qui concerne les arts de la scène ! Et dès 1917, date de sa rencontre avec un célébrissime comique cinématographique d'alors, Roscoe Fatty Arbuckle, toute la science longuement acquise sur les planches sera désormais au service du cinéma.
Côté acteur, son jeu de comédien, rodé au fil des soirées qui s’enchaînaient devant le public exigeant du music-hall, ainsi que les capacités athlétiques hors normes développées depuis ses jeunes années (face à son père notamment), font merveille, instantanément.
Son passage ultérieur à la mise en scène cinématographique se fera également tout naturellement. Là encore, on ne peut s’empêcher de repenser à ses jeunes années pour s'expliquer (en partie du moins) le degré de perfection qu'il a su atteindre dans la réalisation de ses propres films. Il saura métamorphoser pour le cinéma sa perception devenue instinctive de l'espace scénique, le jeu du vivant (son propre corps) avec le non-vivant (les accessoires et décors). Sans oublier une époustouflante science du rythme, acquise en intériorisant les vagues de réactions d'un public dont il sent à n'en pas douter les moindres palpitations.

Salutations
ADRC
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